Martin Sander, directeur des ventes et du marketing de Volkswagen, provoque le débat en s'opposant fermement à l'interdiction pure et simple des véhicules thermiques. Dans une prise de position inattendue, ce haut dirigeant du constructeur allemand utilise une métaphore historique percutante pour défendre sa vision de la transition énergétique.
Une comparaison audacieuse avec l'ère des chevaux
Lors d'une interview récente, Martin Sander a posé une question volontairement provocatrice : "Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ?" La réponse est évidemment qu'ils ne l'ont jamais été. Le responsable de Volkswagen poursuit son raisonnement en expliquant qu'aujourd'hui encore, il est parfaitement possible d'acheter un cheval, mais que naturellement, les consommateurs ont progressivement adopté l'automobile comme moyen de transport plus efficace.
Cette analogie vise à illustrer sa conviction que la transition vers l'électrique devrait suivre le même processus naturel, sans interdiction autoritaire des moteurs à combustion.
Contre une approche punitive de la transition électrique
"Je déteste le débat sur l'interdiction des moteurs à combustion interne", affirme sans détour Martin Sander. Selon lui, cette approche négative constitue un frein psychologique majeur pour les automobilistes.
Le dirigeant s'interroge sur la logique actuelle : "Comment peut-on convaincre les clients d'adopter une nouvelle technologie si l'on ne parle que de la date à laquelle ils ne pourront plus utiliser leurs véhicules habituels ?"



Les véritables leviers à actionner selon Volkswagen
Plutôt que de brandir la menace d'interdiction, Martin Sander propose de se concentrer sur des aspects positifs et concrets :
- Développer massivement l'infrastructure de recharge
- Communiquer positivement sur les avantages réels des véhicules électriques
- Agir sur les prix de l'énergie pour rendre la recharge plus attractive
- Supprimer toutes les barrières à l'adoption
"Si d'ici 2035, il reste 3, 4 ou 5% de clients qui souhaitent encore acheter un véhicule thermique, pourquoi les en empêcher ?" questionne le responsable, suggérant qu'une élimination naturelle serait préférable à une interdiction réglementaire.
La menace chinoise, moteur d'innovation européenne
Bien que Volkswagen soit largement engagé dans l'électrification, le constructeur reste vigilant face à la concurrence chinoise qui domine actuellement le marché des véhicules électriques.
Néanmoins, Martin Sander y voit une opportunité : "Tout ce que nous apprenons en Chine nous aidera à être compétitifs sur tous les autres marchés du monde où nous affrontons les constructeurs chinois."
Le dirigeant insiste sur trois priorités absolues : échelle de production, efficience et maîtrise des coûts. "Nous devons être compétitifs. Il n'y a pas d'autre alternative", martèle-t-il.
Une stratégie multi-énergies pour l'Europe
Contrairement au marché chinois, Volkswagen n'envisage pas d'introduire en Europe sa technologie d'autonomie étendue (EREV). Le groupe préfère maintenir sa gamme actuelle diversifiée comprenant :
- Moteurs thermiques traditionnels
- Hybrides légers et complets
- Hybrides rechargeables
- Véhicules 100% électriques avec différentes capacités de batteries
"Jusqu'où voulez-vous diviser le gâteau ?" interroge Sander, estimant que cette palette technologique offre déjà une réponse suffisamment complète aux besoins du marché européen.
Les prochains lancés électriques de Volkswagen
Le constructeur allemand prépare activement son offensive électrique avec plusieurs modèles stratégiques en approche. L'ID. Polo électrique, alternative zéro émission au best-seller du segment B, arrive prochainement, accompagné d'une refonte majeure de l'ID.3, qui avait déçu à ses débuts.
Volkswagen présentera également une version ID. Polo GTI pour séduire les amateurs de conduite sportive, tandis que l'ID. Tiguan, mise à jour substantielle de l'ID.4, est attendue en fin d'année pour dynamiser le segment des SUV électriques.
Cette stratégie pragmatique de Volkswagen tranche avec le discours ambiant et relance le débat sur les modalités de la transition énergétique automobile en Europe.