L'annonce du PDG de Citroën concernant la renaissance de la mythique 2CV a provoqué un véritable séisme dans l'industrie automobile française. Ce modèle iconique s'apprête à revenir sur le marché en version 100% électrique, avec un positionnement tarifaire agressif de 15 000 euros et des dimensions qui pourraient bien surprendre les nostalgiques du modèle original.
Un virage stratégique inattendu pour Citroën
Pendant des années, la marque aux chevrons avait fermement écarté l'idée de ressusciter son légendaire "deux chevaux". Pourtant, le constructeur français a finalement cédé à la tendance des rééditions modernes, et ce revirement s'explique par deux facteurs majeurs.
D'abord, la Commission européenne prépare une nouvelle catégorie de véhicules baptisée M1E, destinée aux voitures électriques compactes de moins de 4,20 mètres. Cette réglementation s'inspire directement du concept japonais des kei cars, mais adaptée à l'électrification. Ce cadre législatif offre aux constructeurs une flexibilité réglementaire avantageuse et une visibilité à long terme.
Ensuite, Stellantis a un besoin urgent d'étoffer son catalogue électrique pour respecter les objectifs d'émissions européens. Le groupe souhaite proposer des véhicules spécifiquement conçus pour les trajets urbains courts, répondant ainsi aux besoins d'une clientèle européenne actuellement exclue du marché automobile neuf en raison de prix devenus prohibitifs.



Une 2CV électrique finalement pas si compacte
Contrairement aux attentes, le nouveau modèle ne sera pas aussi petit que son ancêtre de 1948. La nature même des véhicules électriques impose certaines contraintes dimensionnelles, notamment en raison de la taille des batteries et des équipements de sécurité obligatoires.
Le Renault 4 E-Tech constitue un exemple parfait de cette évolution. Inspiré du mythique 4L de 1961, concurrent historique de la 2CV, ce modèle électrique a pris les proportions d'un SUV compact du segment B, bien plus imposant que l'original. La future 2CV électrique devrait suivre une trajectoire similaire.
Un habitacle plus spacieux que prévu
Cette augmentation des dimensions présente toutefois un avantage considérable : l'habitabilité intérieure sera nettement supérieure à celle du modèle historique. Les passagers bénéficieront d'un espace généreux, parfaitement adapté aux exigences contemporaines.
Cette évolution s'explique aussi par les attentes actuelles des automobilistes, radicalement différentes de celles des années d'après-guerre. Même un véhicule compact doit aujourd'hui intégrer des systèmes de sécurité avancés, des aides à la conduite et des technologies de connectivité sophistiquées.
Philosophie et positionnement : un retour aux sources modernisé
Xavier Chardon, directeur exécutif de Citroën, a présenté ce projet lors du Stellantis Investor Day 2026 comme "une véritable voiture du peuple conçue pour la vie réelle". Cette approche reprend l'ADN du modèle original présenté au Salon de Paris en 1948, qui privilégiait :
- La praticité avant tout
- La simplicité mécanique
- Des coûts d'utilisation contenus
- L'accessibilité financière plutôt que le luxe ou les performances
Production italienne et calendrier de commercialisation
Le nouveau modèle sera assemblé dans l'usine Stellantis de Pomigliano, en Italie, aux côtés d'une nouvelle interprétation de la Fiat Panda inspirée du modèle de 1980. Ces deux véhicules partageront probablement leur plateforme et de nombreux composants techniques.
Le premier prototype devrait être dévoilé au Salon de Paris en octobre 2026, tandis que la commercialisation est planifiée pour 2027 avec un tarif annoncé autour de 15 000 euros, un positionnement extrêmement compétitif pour un véhicule électrique neuf.
L'héritage d'une légende automobile
La 2CV demeure l'un des modèles les plus emblématiques de l'histoire automobile française. Initialement destinée aux zones rurales françaises pour motoriser les familles de l'après-guerre, elle a rapidement conquis les grandes villes avant de devenir un symbole de la culture jeune et hippie dans les années 1960.
Son succès fut tel qu'elle resta en production pendant 41 années consécutives, jusqu'à ce que la dernière unité sorte des chaînes de l'usine portugaise de Mangualde le 27 juin 1990 à 16h00, marquant la fin d'une époque.
Avec ce retour électrique, Citroën parie sur la nostalgie tout en répondant aux défis de la mobilité urbaine moderne et accessible. Une stratégie qui pourrait bien redéfinir le segment des citadines électriques en Europe.