Une recommandation de sécurité de la Garde Civile espagnole fait actuellement scandale auprès des professionnels de l'automobile. Le corps de sécurité nationale a publié sur les réseaux sociaux des conseils invitant les automobilistes à photographier leur véhicule avant de le confier à un garage. Une initiative perçue comme une attaque frontale par les garagistes espagnols.
Des conseils qui froissent toute une profession
Sur son compte officiel X (anciennement Twitter), la Garde Civile a publié une série de recommandations destinées aux conducteurs avant de déposer leur voiture au garage : photographier l'état extérieur du véhicule, noter le kilométrage et le niveau de carburant, retirer tous les objets personnels et de valeur, et ne confier que les clés strictement nécessaires.
Pour les forces de l'ordre, il s'agit simplement de protéger les consommateurs. "Quelques secondes suffisent" pour se prémunir contre d'éventuels problèmes, argumente la publication. Mais cette apparente prévention cache, selon les professionnels concernés, une insinuation bien plus dérangeante.
Une riposte ferme de la confédération des garagistes
La CETRAA (Confédération Espagnole des Ateliers de Réparation Automobile et Assimilés), qui représente plus de 20 000 entreprises et ateliers mécaniques à travers le pays, n'a pas tardé à réagir. Dans une réponse publique cinglante, l'organisation dénonce une vision totalement biaisée de leur profession.
"Avec tout le respect dû, nous estimons que ces recommandations véhiculent une image de méfiance envers les ateliers qui ne correspond pas à la réalité de milliers d'entreprises et de professionnels", ont-ils écrit en réponse au tweet de la Garde Civile.
Un contre-conseil bien plus simple
Plutôt que de transformer chaque visite au garage en opération de surveillance digne d'un film d'espionnage, la CETRAA propose une alternative beaucoup plus pragmatique : "Notre conseil est bien plus simple : rendez-vous toujours dans un atelier légal et de confiance".
Pour les représentants des garagistes, le véritable problème ne réside pas dans les ateliers établis et reconnus, mais dans les structures illégales ou de mauvaise réputation qui opèrent en marge du secteur professionnel.
Une profession mise en cause à tort
Cette polémique soulève une question fondamentale : jusqu'où peut aller la prévention sans basculer dans la diffamation d'une profession entière ? Les garagistes espagnols estiment que la Garde Civile franchit cette ligne rouge en généralisant des pratiques douteuses qui ne concernent qu'une infime minorité d'acteurs peu scrupuleux.
La confédération rappelle que la grande majorité des ateliers automobiles en Espagne sont des entreprises légales, employant des professionnels qualifiés dont l'unique objectif est de réparer les véhicules dans les règles de l'art, pas de les endommager ou de voler leurs propriétaires.
Les bonnes pratiques pour choisir son garage
Au-delà de la polémique, certains conseils restent pertinents pour les automobilistes :
- Privilégier les ateliers recommandés par des proches ou ayant de bonnes évaluations en ligne
- Vérifier que l'établissement dispose bien des certifications professionnelles appropriées
- Demander un devis détaillé avant toute intervention
- Conserver tous les documents relatifs aux réparations effectuées
- S'assurer que le garage est bien enregistré et déclaré
Un débat qui dépasse les frontières
Cette controverse espagnole fait écho à des problématiques similaires dans toute l'Europe, où la relation de confiance entre automobilistes et professionnels de la réparation automobile reste un enjeu majeur. En France également, les garagistes déplorent régulièrement une image écornée par quelques brebis galeuses qui nuisent à toute la profession.
La CETRAA conclut en appelant à une communication plus responsable de la part des autorités, qui ne devrait pas jeter l'opprobre sur des dizaines de milliers de professionnels honnêtes pour quelques cas isolés de malveillance.