Le nouveau programme gouvernemental Auto+ bouleverse le marché automobile, et les constructeurs chinois se retrouvent dans le collimateur. Face à cette stratégie de protectionnisme européen, MG Motors a décidé de riposter avec une annonce qui pourrait changer la donne.
Une discrimination assumée envers les véhicules chinois
Le Ministère de l'Industrie et du Tourisme a dévoilé les contours définitifs du Programme Auto+, successeur du célèbre plan MOVES III. Le message est clair : priorité absolue aux véhicules électriques assemblés sur le territoire européen. Cette orientation stratégique écarte de facto l'ensemble des marques chinoises qui commercialisent leurs modèles en Europe.
Avec une enveloppe colossale de 1 280 millions d'euros par an jusqu'en 2030, soit près de 6 000 millions au total, ce programme quinquennal représente un enjeu financier majeur pour l'industrie automobile.
Comment fonctionnent ces nouvelles subventions ?
Le système d'aides adopte une approche modulaire basée sur trois critères principaux :
Critère de motorisation
- Véhicules 100% électriques : 50% de l'aide totale (2 250 euros)
- Hybrides rechargeables : seulement 25% du montant
Critère de prix
- Modèles à 35 000 euros ou moins : 25% supplémentaires
- Modèles entre 35 000 et 45 000 euros : 15% additionnels
Critère de production
- Assemblage final dans l'Union européenne : 15% de bonus
- Assemblage de la batterie en Europe : 10% supplémentaires
Au maximum, un acheteur peut donc recevoir 4 500 euros d'aide directe, déduits immédiatement du prix en concession, évitant ainsi les délais d'attente interminables du plan MOVES.
La réponse audacieuse de MG Motors
Face à cette situation désavantageuse, MG a confirmé à AutoBild une décision stratégique audacieuse : le constructeur assumera intégralement la différence de 4 500 euros pour ses clients. Concrètement, MG sortira cette somme de ses propres fonds pour compenser l'absence d'aides gouvernementales.
Cette initiative pourrait créer un précédent dangereux pour la stratégie protectionniste européenne. D'autres géants chinois comme BYD pourraient rapidement emboîter le pas à MG, neutralisant ainsi l'effet recherché par le gouvernement.
Les gagnants inattendus du système
Certains constructeurs bénéficient d'une position privilégiée grâce à leurs implantations européennes :
- Ebro, Omoda et Jaecoo : assemblés à Barcelone, ils peuvent prétendre aux bonus d'origine européenne
- Stellantis : sa collaboration avec CATL lui permet d'obtenir le bonus d'assemblage de batteries en Europe
Un effet domino redouté
L'initiative de MG pourrait déclencher une guerre commerciale silencieuse. Les marques chinoises, conscientes que leur survie sur le marché dépend de leur compétitivité prix, n'auront probablement d'autre choix que de suivre cette stratégie.
Le risque pour le gouvernement ? Que ce programme de 6 milliards d'euros n'atteigne pas ses objectifs de relocalisation industrielle, les constructeurs asiatiques maintenant leurs parts de marché grâce à leurs capacités financières.
Une révolution dans l'attribution des aides
La grande nouveauté administrative du Programme Auto+ réside dans son système de remise instantanée. Contrairement au MOVES III où les acheteurs attendaient parfois des années pour récupérer leurs subventions, l'aide est désormais déduite immédiatement du prix final chez le concessionnaire.
Cette simplification administrative pourrait stimuler davantage les ventes que le montant des aides lui-même, éliminant les préoccupations de trésorerie des particuliers.
Reste à savoir si cette bataille commerciale entre protectionnisme européen et agressivité tarifaire chinoise profitera réellement aux consommateurs espagnols, qui pourraient se retrouver grands gagnants d'une compétition acharnée pour conquérir leurs faveurs.