L'administration Trump franchit un cap controversé en confiant la rédaction des normes de circulation routière à l'intelligence artificielle. Cette décision soulève de vives inquiétudes concernant la sécurité des usagers de la route américains.
Gemini au cœur de la réglementation routière fédérale
Le Département des Transports américain a officiellement confirmé qu'il utilise Gemini, l'intelligence artificielle de Google, pour concevoir les règlements de circulation. Cette initiative vise à accélérer drastiquement le processus législatif dans le domaine de la sécurité routière.
Gregory Zerzan, conseiller juridique au sein du ministère des Transports, assume pleinement cette orientation stratégique. Selon lui, l'objectif n'est pas d'atteindre la perfection, mais plutôt d'obtenir des textes « suffisamment bons » dans des délais records.
Un gain de temps spectaculaire au détriment de la qualité?
Les chiffres avancés par l'administration sont impressionnants. Alors qu'un texte réglementaire nécessitait traditionnellement plusieurs mois, voire des années de travail, Gemini serait capable de produire un projet complet en quelques minutes seulement.
Zerzan précise que la génération d'un brouillon ne devrait pas excéder 20 minutes. L'ambition affichée est de soumettre ces documents à l'Office d'Information et des Affaires Réglementaires dans un délai maximal de 30 jours.
Une domination écrasante de l'IA dans la production législative
Les projections indiquent que l'intelligence artificielle pourrait être responsable de 80 à 90% du contenu des nouvelles régulations routières élaborées sous l'administration Trump. Le rôle des fonctionnaires fédéraux se limiterait désormais à la révision et à la correction des erreurs.
Des critiques virulentes de la communauté d'experts
Cette méthode de travail ne fait pas l'unanimité. Mike Horton, ancien responsable au Département des Transports, n'hésite pas à comparer Gemini à « un stagiaire de lycée qui vous dicterait les normes ».
Les principales inquiétudes concernent :
- Les hallucinations de l'IA, ces erreurs factuelles que génèrent parfois les modèles de langage
- La relégation des professionnels humains à un rôle secondaire
- Les risques pour la sécurité routière des automobilistes américains
- Le manque d'expertise sectorielle de l'intelligence artificielle
Une stratégie de saturation réglementaire
Le discours de Gregory Zerzan révèle une approche particulière : « Nous saturons la zone ». Cette formulation suggère une volonté de produire un volume massif de réglementations, quitte à sacrifier la rigueur traditionnelle du processus législatif.
Cette philosophie du « suffisamment bon » appliquée à la sécurité routière inquiète de nombreux observateurs qui estiment que les normes de circulation ne devraient souffrir d'aucun compromis qualitatif.
Un débat qui dépasse le secteur des transports
L'utilisation de l'intelligence artificielle par le gouvernement américain ne se limite pas à la rédaction de lois. L'administration Trump a également été épinglée pour son usage d'images générées par IA sur les réseaux sociaux officiels.
Cette généralisation de l'IA dans la sphère publique soulève des questions fondamentales sur le rôle de la technologie dans les processus démocratiques et la responsabilité gouvernementale. Les citoyens américains manifestent une indignation croissante face à cette automatisation des fonctions régaliennes.
L'avenir dira si cette expérimentation massive de l'intelligence artificielle dans l'élaboration des normes de circulation constituera une révolution administrative efficace ou un précédent dangereux pour la sécurité publique.